Naissance d’un spectacle

 Silvia Lenzi, musicienne et compositrice et Émile Brami, auteur racontent, tour à tour et chacun de leur point de vue,  la naissance d’Une Vie… (mode d’emploi).

Silvia Lenzi ©DRVioloncelliste professionnelle depuis plus de trente ans, j’ai toujours évolué dans la musique savante, et j’ai aimé varier tous les styles, mélanger les arts.

J’aime la scène, et le Théâtre m’a toujours fait rêver. C’est d’ailleurs en jouant en tant que violoncelliste dans une pièce de théâtre que je me suis retrouvé à devoir chanter deux chansons réalistes des années ‘30. Émile Brami était l’auteur de cette pièce; il m’a entendu chanter, et a lancé presque comme une plaisanterie : « Je vais t’écrire des textes de chansons ! ». Sur le moment, je ne l’ai pas encouragé, car il n’était pas prévu dans mes projets que je me mette à chanter ; mais Émile m’a écrit un texte, puis deux, puis six…

Je les ai lus, et ce fut le coup de foudre ! Pour la première fois de ma vie, j’ai senti une profonde nécessité de porter des textes à la scène, de les faire entendre à ma manière – non pas pour l’envie de devenir chanteuse, mais juste pour transmettre ces textes au public. C’était comme si cela venait de moi. J’ai même ressenti que si je savais écrire des chansons, c’est exactement ce que j’aurai écrit ! J’ai alors composé les musiques ; et avec beaucoup de plaisir. Il m’a même semblé que c’était facile… et l’idée d’ « Une Vie…(mode d’emploi) » est née.

J’affirme souvent que ce projet est né totalement par hasard, mais le hasard existe-t-il vraiment?…

Silvia Lenzi

 

E.Brami_©Vincent Angouillant« Une Vie…(mode d’emploi), comme beaucoup d’entreprises artistiques qui impliquent plusieurs personnes, est né par hasard. Nous avions réalisé avec mon ami le romancier Mikael Hirsch un montage de textes intitulé Céline, Proust : une rencontre, mis en scène et joué par Ivan Morane. Dans ce spectacle, Silvia Lenzi, que je connaissais comme violoncelliste et violiste, chantait deux chansons en s’accompagnant à la guitare : Les roses blanches et Parla mi d’amore Mariu un classique italien (en français Le chaland qui passe). J’ai été très profondément ému par ses interprétations, surtout celle de Mariu, au point qu’après la représentation, je lui ai dit, comme une boutade : « Tu ne peux pas en rester là, il faut que tu continues, je vais t’écrire des chansons. »

Jusque-là, j’avais rédigé une dizaine de romans, des essais, des articles, et une biographie consacrés à l’écrivain Louis-Ferdinand Céline, ainsi que deux pièces de théâtre ; pour l’une d’entre-elles, Faire danser les alligators sur la flûte de Pan, l’acteur Denis Lavant a obtenu le Molière 2015 du Meilleur comédien seul en scène. Mais jamais de chansons alors que c’est un genre qui me passionne depuis toujours, et que j’écoute sans cesse Brassens, Gainsbourg, Bashung, Higelin, les Rita Mitsouko, Moustaki et David McNeil. Je ne cite que mes préférés, car sans cela la liste comporterait plusieurs dizaines de noms… J’ai rapidement rédigé quelques textes, dont, par exemple, Écrire peindre ou bien chanter. Travailler sur eux m’a procuré un plaisir intense, extraordinaire, que je n’avais jamais encore connu dans mes diverses entreprises littéraires. Je les ai donnés à Silvia, sans savoir ce qu’ils valaient vraiment, n’ayant aucun point de repère, et me sentant très loin de mes modèles. Son enthousiasme à leur lecture a été si grand qu’il m’a encouragé à continuer, ce que je fis en ressentant toujours cette incroyable joie à jouer avec les mots, les vers et les rimes, bonheur qui, je l’espère, se ressent à l’écoute. Je sais, parce qu’elle me l’a dit, que Silvia connaît le même plaisir à composer les musiques.

Nous nous sommes rapidement retrouvés avec une quinzaine de chansons, parlant de tout et de rien, de joie, d’espoir, de déceptions, d’amourettes heureuses ou malheureuses, de révoltes devant l’injustice, des ridicules de notre monde, et de son côté tragique. De la vie en un mot.

Sans nous consulter, il était évident que j’écrirai tous les textes et Silvia toutes les musiques. Il suffit d’entendre les mélodies de Silvia pour savoir qu’elle a su les habiller et les mettre en valeur superbement.

Très vite, j’ai découvert ce qu’est une véritable professionnelle de la musique. Silvia s’est entourée de deux instrumentistes de premier plan : Etienne Lamaison et Bruno Grare ; elle a enregistré quatre titres dans un studio parisien (l’E.P. est disponible sur Internet), et a imaginé de faire plus et mieux qu’un récital, inventant un « spectacle de chansons » dont Ivan Morane a assuré les intermèdes et la mise en scène. Le résultat est drôle, pathétique, cruel, étonnant.

Comme la vie. »

Émile Brami

 

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