Dix-huit mois

Sur son coussin le vieux chat baille
Et le gros chien rêve en dormant
Dans la cheminée les sarments
Crépitent comme un feu de paille
J’ai mis un disque sur la chaîne
Un des tes vieux trente trois tours
Bessie Smith y chante l’amour
Sa voix n’adoucit pas ma peine

Dix-huit mois que tu es parti
Pourtant tu es toujours ici

Que pourrais je te raconter
Que je me sens toute engourdie
Qu’il a fait très chaud vendredi
Que nous avons un bel été
Que j’aimerais pouvoir dormir
Oublier tes yeux ton visage
Arriver à tourner la page
Te chasser de mon souvenir

Dix-huit mois que tu es parti
Pourtant tu es toujours ici

Isabelle a repris l’école
Je sais bien qu’elle pleure en cachette
Mais à jouer les fortes têtes
Elle va bientôt me rendre folle
Éric a quitté la maison
Il dit qu’il ne peut plus y vivre
Il a donné tous tes beaux livres
Et il boit plus que de raison

Dix-huit mois que tu es parti
Pourtant tu es toujours ici

Je ne descends plus au jardin
Il retourne à l’état sauvage
Hier il y a eu un orage
Je nettoierai tout ça demain
Et puis j’irai au cimetière
M’asseoir à l’ombre des cyprès
Je te sentirai là tout près
Je ne dirais pas de prière

Dix-huit mois que tu es parti
Pourtant tu es toujours ici

 © Emile Brami

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s